École gratuite à Calais en 1704


Plumitif de Calais, BB 43, f.150/151, 17/03/1704

Du lundi dix-sept mars mil sept cent quatre l’audience tenante pardevant messieurs TRIBOU, DUFLOS et REAL, échevins.

Délibération pour le loyer de la maison des héritiers du sieur LENFANT.

Sur ce qui nous a été représenté par les quatre frères de l’école

chrétienne, mandés envoyés et établis en cette ville de Calais depuis

l’année mil sept cent pour enseigner, ainsi qu’ils font actuellement, les

enfants des pauvres et autres de cette dite ville gratuitement, à prier

dieu, à lire et écrire, qu’ils ont été placés à ce sujet dans la

maison de l’école appartenant à la ville sur le cimetière, le nombre

des écoliers étant venu à augmenter de sorte que la chambre basse

où se tient l’école s’est trouvée tellement remplie qu’ils ont été obligés d’en

mettre dans le dortoir qui est au-dessus de ladite école ? n’y ayant le

lieu d’y pouvoir faire leur cuisine, la ville a été obligée de leur faire

donner une petite maison appartenant à l’église Notre Dame derrière

le collège sur le cimetière. Et comme du depuis le nombre des enfants (pour ?)

l’école s’est encore augmenté, le dortoir desdits frères se trouve aussi

rempli des écoliers, ne pouvant résister en cet état, ils nous ont

requis leur trouver un logement en cette ville proche le cimetière où se trouve

l’école, tant pour y faire leur cuisine que leur dortoir, faute de quoi et

à leur regret, ils seront dans l’obligation de congédier une bonne partie

du nombre de leurs écoliers. Ce que reconnaissant par nous préjudiciable

à l’éducation des enfants des pauvres et autres de cette ville, après

en avoir par nous conjointement  avec le procureur du roi de cette ville

et communauté, conféré à monsieur le comte DE LATOUR MONTFORT

brigadier aux armées du roi et commandant au gouverneur de Calais, à

monseigneur BIGNON chevalier conseiller d’état et intendant de la

généralité de Picardie au dernier voyage qu’il a fait en cette ville au (pnt mois ?)

de mars, et à monsieur DE THOSSE conseiller du roi président

juge général des justice civil et criminel dudit Calais et lieutenant général

de police audit lieu, de leurs avis et consentement, il a été résolu que

pour le grand bien et utilité des enfants des pauvres et autres de cette

ville et Courgain, plutôt que de retrancher partie des écoliers, il était

à propos de donner lieu à l’augmentation, qu’à cet effet il était à propos

de tenir l’école tant en bas que dans le dortoir au-dessus dans la maison

de l’école appartenant à la ville, retirer auxdits frères la petite maison

derrière le collège appartenant à l’église de laquelle ils se servent pour

faire leur cuisine, et au lieu de ce leur louer aux frais de la ville une

maison située à Calais rue d’Orléans proche le cimetière appartenant

aux enfants et héritiers du sieur Charles LENFANT et consorts, pour y faire

par lesdits frères de l’école chrétienne leur cuisine et leur dortoir,

qu’à cet effet le loyer de ladite maison sera employé et augmenté sur les

décharges de cette ville, payé et acquitté par Me Antoine DUFLOS trésorier

de cette dite ville sur nos ordonnances  et à lui alloué dans la de(pense ?)

des comptes qu’il rendra des deniers patrimoniaux de cette dite ville.

Et à l’instant sont comparus pardevant nous Me Louis LEMAIRE

notaire royal et procureur à Calais  damoiselle Marie LENFANT sa femme

qu’il autorise à cet effet, damoiselle Geneviève et Catherine LENFANT

propriétaires  de la moitié de ladite maison rue d’Orléans tant pour eux que

leur faisant fort des héritiers du sieur René LENFANT propriétaire de l’autre

moitié de ladite maison et en conséquence du jugement rendu en la justice royale

de Calais le douze mars présent mois, lesquels volontairement nous

ont affermé par ces présentes ladite maison et toutes ses dépendances

pour le logement des frères de l’école chrétienne pour le temps de trois

années consécutives à commencer du quinze mars présent mois sur le pied de

quatre-vingt livres de loyer par année du total que leur sera payé

par les mains du trésorier de la ville et des deniers d’icelle sur nos

ordonnances, outre aux charges ordinaires des réparations locatives

jusqu’à cinq sols sans diminution du prix du loyer, le tout ainsi que

nous convenu et accordé avec eux et sont signé.

Signatures de LATOUR MONFORT, LEMAIRE, Geneviève LENFANT, Marie LENFANT, Catherine LENFANT, Guillaume TRIBU, DUFLOS, L MOLLIEN, D REAL, DANJAN.

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