Un achat imprudent un 1713


Gros de St Omer, photo 1649 convention 33 du 24/07/1713 (4E5/684)

Noble seigneur Antoine François DE GENEVIERS escuier seigneur de Samettes gentilhomme de la cour de Cassel demt au château de Steenbecque à présent étant en cette ville d’une part.

Le Sr Jacques GHYS marchand tabacquier en cette ville et damoiselle Louise Thérèse PAILLART sa femme d’autre part.

Par contrat du 13/05 dernier les seconds comparants ont fait imprudemment l’acquisition de la terre et seigneurie de Pary du premier comparant moyennant 62500 livres de prix principal, 600 livres de pot de vin.

Pour le paiement de quoi ils ont eu le malheur de voir tous leurs effets saisis « et annotez sans appercevoir la moindre ressource qui peu les mettre en estat d’exécuter un engagement si fort au dessus de leur force ».

Ils requièrent le seigneur premier comparant de consentir à la résolution du contrat.

Il a fait faire prisée de toutes les marchandises trouvées dans leur maison, le tout apprécié à 4020 livres 10 sols.

Il a aussi fait faire pareille prisée des meubles meublant, appréciés 580 livres 10 sols.

Il a fait estimer la maison où ils demeurent par un charpentier et un maçon, maison estimée 7000 livres.

Tout ceci compose « toute leur substance et leurs facultez ce qui est evidament insuffisant pour acquiter une somme aussi considérable ».

D’autant plus que d’autres créanciers apparaissent :

- le Sr GUISLEMAN marchand en cette ville, par le sergent GODEFROY : ils lui doivent 1610 livres 9 sols, pour laquelle même il prétend être préféré attendu que la marchandise subsiste en nature.

- Thomas BENART marchand tabacquier demt à Bergues St Winocq : ils doivent 710 florins 12 sols Flandre, pour vente et livraison de tabac. Il prétend aussi avoir préférence à tous créanciers pour la même raison.

- Le Sr Phles François HUBRECHT marchand demt en la ville de Dunkerque : ils doivent 675 livres qu’il prétend aussi être due par préférence à tous autres créanciers.

Ces prétentions épuisent à peu près tous les meubles effets et marchandises, et s’il fallait en venir à la vente, le prix qui en proviendrait serait vraisemblablement fort au-dessous de leur estimation, joint qu’il pourrait se présenter d’autres créanciers…

Le seigneur second comparant accepte la remise et résilement que lui font les seconds comparants de ladite terre et seigneurie de Pary appendance et dépendance…

Le résilement donne lieu à des dommages et intérêts considérables que le seigneur premier comparant a souffert et souffrira encore à l’avenir par le dérangement de ses projets, l’abandonnement du labourage, la vacance de la ferme, le congé donné aux domestiques qu’il avait pour l’exploitation d’icelle et plusieurs autres raisons…, il les fixe et modère à la somme de 3750 livres, reçus comptant.

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