Vente d’outils et effets de cartier en 1742


J’ai respecté l’orthographe dans la prisée. On retrouve plusieurs termes dans l’encyclopédie Diderot : voir ce site intéressant pour le métier cartier.

Le cartier fabrique donc bien des cartes à jouer.

Gros de St Omer, vente et rente 8 du 20/03/1742 (4E5/925)

Le Sr Dominique FERTEL marchand libraire imprimeur et mayeur des dix jurés pour la communauté de cette ville y demt, tuteur paternel des enfants mineurs délaissés par feus le sieur Joachim FERTEL marchand cartier et Martine Thérèse BARBOUILLE sa femme, et Martin WINOCQ tuteur maternel des mêmes enfants mineurs demt au faubourg du Hautpont d’une part.

Damoiselle Jeanne Antoinette FERTEL veuve du sieur Antoine BUTAY demt en ladite ville d’autre part.

Les premiers comparants ont fait procéder à la prisée et estimation des outils cartes faites et imparfaites cartons et autre papiers, prisée faite par Nicolas Dominique ALLART et Charles Austrebert PARIS tous deux marchands cartiers, dont l’importance se trouve monter à la somme de 1324 livres 15 sols.

S’ils faisaient la vente desdits cartes outils cartons et autres effets, il y aurait de la perte considérable, que les choses ne seraient pas vendues les pris de la prisée, ce qui ferait tort auxdits mineurs, ils ont fait en sorte de trouver occasion de vendre le tout à une seule personne qui pourrait continuer ladite profession et mettre à profit les cartes et cartons, imparfaits.

À quoi ladite damoiselle seconde comparante a adhéré en faveur de Charles Dominique BUTAY son fils qui se propose de faire le métier de cartier.

À ces causes, les premiers vendent cèdent et transportent au profit de ladite damoiselle Jeanne Antoinette FERTEL, acceptant pour son fils tous lesdits outils de cartier, cartes faites et imparfaites, cartons et autres effets.

Vente faite parmi et moyennant six messes aux fideles trépassés que la seconde comparante promet faire décharger et en outre moyennant la somme de 1324 livres 15 sols, qui est le montant de la prisée et estimation faite par lesdits ALLART et PARIS experts nommés.

N’ayant deniers à la main pour acquitter ladite somme présentement, et pour le plus grand bien des mineurs, ladite damoiselle FERTEL déclare créer au profit des enfants mineurs desdits feus Joachim FERTEL et Martine Thérèse BARBOUILLE la somme de 66 livres 4 sols 9 deniers de bonne et franche rente héritière et perpétuelle payable chacun an au 20/03…

Pièce jointe : 15/03/1742, prisée par Nicolas Dominique ALLARE et Charles Austrebert PARIS marchands cartiers en la ville de St Omer, à la requête de Dominique FERTEL tuteur des enfants mineurs de feu Joachim FERTEL et Martine Thérèse BARBOULE sa femme et de Martin WINOCQ tuteur maternel desdits enfants… prisée de tous les outils servants au métier de cartier, de même que des ouvrages parfaits et imparfaits.

- un grosse et demie et un sizin de cartes entières fines estimé à 17 livres 15 sols.

- trois grosses et trois sizains de piquets fin estimé à 46 livres 17 sols.

- vingt six douzaines de carters maitresse entiers estimé à 17 livres 10 sols.

- vingt neuf sizaines de tareau fins estimés à 15 livres.

- un boute de trente deux douzaines d’entier fines à 35 livres.

- un bouté de piquet maitresse peinte de tente deux douzaines estimé à 13 livres 5 sols.

- deux boute dito non peintes estimés à 22 livres 10 sols.

- huit mains de tete dito et seize mains de points sans être peints estimée à 11 livres 5 sols.

- dix bouté d’entier fins de trente deux douzaines sans être peints estimés à 325 livres.

- six boute de piquets fins de trente deux douzaines sans être peintes estimé à 144 livres.

- six bouté d’entiers fils de trente deux douzaines mele en ouvrage estimés à 192 livres.

- trois bouté de trente deux douzaines de piquets melé en ouvrages estimé à 68 livres.

- 110 mains de tareaus cole en etresse pour cartes maitresse estimé à 33 livres 15 sols.

- six mains de tete dito en ouvrage estimé à 4 livres.

- quatre vingt douze mains de pots cole en etresse estimé à 28 livres 10 sols.

- trente deux mains de pots en tareau estimé à 5 livres 10 sols.

- quarante huit mains de pots en moulage de tete et valet estimés à 10 livres 7 sols 6 deniers.

- deux rames de pots commeuns estimé à 6 livres 10 sols.

- cinq rames dito L M estimé à 17 livres 10 sols.

- quarante deux mains de moulage de tete estimé à 8 livres.

- huit mains de valets collé en etresse estimé à 3 livres 5 sols.

- une bouté de trente deux douzaines de piquet maitresse estimés à 12 livres 10 sols.

- une demi grosse de piquets fin estimé à 7 livres.

- huit douzaines et demie de piquet maitresse estimé à 4 livres 5 sols.

- deux mouls de tete et deux moule de valets et un moul tareauté estimé avec leur habilliage à 75 livres.

- deux marques en sisains et deux marques en jeu estimé à 12 livres.

- deux rames de marques tan en jeu qu’en sisain estimé à 4 livres.

- grand et petit ciseaux monté estimé à 30 livres.

- la lisse garnie estimé à 15 livres.

- une brasse à collé et une à moulé estimé à 6 livres.

- les quatre ferts et compat estimé à 10 livres.

- le pots à couleurs et les platines estimé à 1 livre 10 sols.

- le marbre à broyer et la meulet estimé à 2 livres.

- trois table le coulombiez et le trois chaprons estimé à 15 livres.

- trois sièges et marchepied estimé à 3 livres.

- seize imprimeurs estimé à 3 livres.

- la table à savoner avec son savonoir estimé à 2 livres.

- la table à coler estimé à 2 livres.

- neuf bois à coler estimé à 9 livres.

- un baquet à la cole et deux tamis estimé à 3 livres.

- le presse estimé à 50 livres.

Total 1324 livres 15 sols.

Gros de St Omer, apprentissage 105 du 17/05/1740 (4E5/911)

Damoiselle Antoinette FERTEL veuve du Sr Antoine BUTAY vivant marchand brasseur demt en cette ville.

Pour faire le profit et avantage de Charles BUTAY son fils qu’elle certifie fidele, l’a dès le 01/04 dernier mis en apprentissage jusque et quatre années entières et consécutives avec le sieur Joachim FERTEL maitre cartier demt en icelle ville, qui l’a pris et retenu pur son apprenti.

Il promet et s’oblige de montrer son dit métier de cartier et tout ce dont il se mêle en icelui, et ledit apprenti de sa part promet d’apprendre de son mieux tout ce qui lui sera montré et enseigné par son dit maitre, lui obéir en tout ce qu’il commandera de licite et d’honnête, de servir fidèlement et diligemment, éviter son dommage et n’en avertir s’il vient à sa connaissance, sans s’absenter ni aller travailler ailleurs pendant ledit temps…

Convention faite moyennant la somme de 24 livres payés comptants audit sieur FERTEL… « pour fournir chacque semaine au tabliet pour ledit aprenti »…

 –

Je pensais que c’était le bon… mais l’apprentissage dure logiquement 4 ans… un frère cadet ?

2 Commentaires

Classé dans apprentissages

2 réponses à “Vente d’outils et effets de cartier en 1742

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  2. Pierre de Marquise

    Bonjour Joël
    Bravo pour le complément qui éclaire sur le métier du cartier évoqué avant-hier. On se rend bien compte de la richesse de ces artisans d’une profession inhabituelle.
    Amicalement.

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