Inondation à cause d’un moulin à Blendecques en 1737


Un acte bien technique et compliqué….

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Gros de St Omer, transaction 39 du 11/04/1737 (E5/878)

Le Sr Louis François BROUCQ d’une part.

Le Sr Louis LOQUETY tous deux bourgeois marchand demt en cette ville d’autre part.

Transaction pour éviter tout procès au sujet de certain moulin au le premier fait construire au village de Blendecques sur la rivière d’Aa et sur un terrain qu’il a pris en arrentement du seigneur prince de Rubempré, qui aurait rendu une mesure de terres appartenant au second comparant infructueuse tant par les inondations que ce moulin a déjà causé que comme autrement, si les « radier » d’icelui et qui sont dans la grande rivière restaient posés dans l’endroit que ledit premier comparant a fait mettre et c’est ce qui a occasionné des dommages et intérêts considérables.

Voulant aussi prévenir les inconvénients et toutes contestations, les parties ont transigé et appointé irrévocablement de ce qu’il suit.

Comme ledit second comparant trouvera peut être à propos par la suite de faire aussi construire un moulin sur la mesure de terre qui lui appartient, le premier s’engage de faire à ses dépens toute une digue dans le milieu de la rivière, maçonné d’une brique e demi à chaque coté dans toute sa longueur, bien solide et étanche, laquelle digue aura neuf pieds de large construite en pointe ronde.

Ladite maçonnerie sera de même hauteur hors de l’eau que celle qu’il y a au moulin de Westove et se terminera en pointe à 60 pieds au dessus du coulant d’eau qui sépare le terrain du sr second comparant de celui du premier, où sont actuellement posés les susdits « reyer », et sera la hauteur de ladite pointe massif de quatre pieds et la susdite digue ou pointe appartiendra par la suite en propriété audit second pour moitié autant qui se trouvera au milieu de la rivière et vis-à-vis son terrain et l’autre au premier à condition qu’ils entretiendront chacun ce qui leur en appartiendra.

Comme ledit premier comparant a besoin d’une rivière à en tirer les eaux nécessaires pour faire agir son moulin, il sera tenu et promet de la tenir de 22 pieds de large de son coté et de faire poser à l’extrémité près de son moulin un radier avec cinq ventailles pour que les eaux se déchargent facilement et ne cause aucuns dommages ni intérêts à qui que ce soit, sans que par la suite la susdite rivière puisse être moins large.

Toutes les eaux seront partagées moitié par moitié de manière que l’un ne pourra tirer plus d’eau que l’autre soit par la largeur hauteur des vannes soit autrement.

Comme le premier comparant a posé de solinement de la ventaille moresse et celui du reyer de son moulin neuf pouces au dessous de la superficie du lit naturel de la rivière, il s’oblige de relever l’un l’autre et d’y poser un reyer qui sera de cinq ventailles à la hauteur du lit naturel de la rivière comme il se trouve à l’endroit du petit coulant d’eau qui sépare les terrains des comparants.

Moyennant la cession et abandon que fait le premier comparant au profit du second de tout le reyer composé de cinq ventailles ave tout ce qui en dépend qui est du coté de son terrain et qui tient à celui du second jusqu’à la petite pointe de terre, de retirer par le premier l’autre reyer qui est tenant à celui-ci-dessus avec ce qui en dépend, et le droit qu’il donne au surplus de faire passer les eaux d’une ventaille moresse dans les neuf verges de terres qu’il tient en arrentement dudit seigneur prince par une ouverture de huit pieds de large jusqu’au dessous du reyer qui y est actuellement posé, le second comparant s’engage de faire poser le susdit reyer ou autres avec cinq ventailles dans le haut de la pointe sur son terrain à trente pieds ou environ plus bas où se termine la pointe de maçonnerie qui sera faite par le premier comparant aussi à la hauteur du lit naturel de la rivière à l’endroit du coulant d’eau, de manière que les deux reyer et solinements seront posés au même l’un de l’autre.

Le pont que le premier a fait restera comme il est, en le rectifiant et réparant pour qu’il n’incommode plus la rivière… liberté accordé audit premier de prendre des terres dans les terres du second en l’endroit qui lui sera indiqué pour faire un batardeau ou damme qui doit servir à faire la pointe.

Et l’un et l’autre devront y faire incessamment travailler ou au plus tard à la fin de mai prochain, et le tout sera exécuté conformément au plan fait par Mre CHIPART que les parties nomment et choisissent pour arbitre des différents qui pourraient arriver à l’occasion que dessus et concernant les ouvrages à faire. Et au cas de droit, elles nomment les sieurs DE MOMBYNES et LELEU avocat en cette ville pour les décider amiablement et sans frais ni formalités…

Et l’une et l’autre desdites parties devra diguer chacun de son coté pour se garantir autant qu’il conviendra et sera nécessaire selon qu’il est dit ci devant pour contenir 28 pouces d’eaux au dessus du lit de la rivière.

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Gros de St Omer, acte 37 du même jour (4E5/882)

Le sr Louis François BROUCQ d’une part.

Le Sr Louis LOQUETY tous deux bourgeois marchands demt en cette ville d’autre part.

Le premier, quoique dans un acte de ce jour il soit dit qu’il y est fait abandon au second d’un reyer de cinq ventailles et tout ce qui en dépend, cependant et contre toute attente s’il fut impossible audit second ou qu’il arriverait obstacle de la part du seigneur prince de Rubempré de les déplacer, en ce cas, il se servira du droit qu’il lui est donné dans ledit acte de faire passer les eaux d’une ventaille moresse du moulin à faire, dans les neuf verges de terres qu’il tient en arrentement dudit prince de Rubempré par une ouverture de huit pouces de large jusqu’au dessous du reyer qui y est actuellement.

Et pour lors ledit premier fournira un reyer à icelui et ce qui en dépend, de la même contenance et qualité de celui abandonné par ledit acte.

Au surplus, si ledit premier nommé ne peut obtenir dudit seigneur prince une permission de poser un reyer composé de cinq ventailles tenante à la ventaille moresse de son moulin, il s’oblige d’en ouvrir une quatrième dans son dit moulin telle qu’elle y a été ci devant…

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Radier : partie maçonnée de l’écluse qui constitue son plancher et se situe au niveau du bief aval ; semelle construite entre deux piles pour éviter les affouillements (site Rempart).

Reyer serait synonyme de radier ?

Ventaille = ventelle :Vanne d’une écluse.

Ventaille moresse : certainement à rapprocher de vanne moleresse, qui donne sur la roue du moulin à eau (vu dans « Moulins, maitres des eaux, maitres de vents » de Jean BRUGGEMAN).

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