Moulins à Blendecques

Une convention du Gros de saint Omer qui me semblait intéressante avec tous des termes bien spécifiques, malheureusement, j’ai du mal à lire correctement certains de ses mots et à trouver des explications…

J’en ai profité pour regrouper les quelques actes trouvés sur les moulins de Blendecques.

Convention du Gros de Saint Omer du 04/11/1722.

Me Jean François DESPREY procureur es ville et baillage de St Omer agissant au nom de demoiselle Susanne TITTEMAN veuve du sieur FONDEUR.

Pierre COULON charpentier de moulin demt en cette ville.

Convention pour travaux que ledit COULON a entrepris de faire au moulin de ladite damoiselle FONDEUR au village de Blendecques, à présent occupé par jean Baptiste BLO.

Les réparations sont reprises dans une déclaration faite en double et à l’instant remis à chacune des parties.

A l’égard des charges de graviers elles seront à la charge de ladite damoiselle et les planches pour empêcher l’eau de creuser resteront aussi à sa charge… à commencer à y travailler au 9 de ce mois et continuer sans discontinuation pour avoir le tout achevé le plutôt que faire se pourra à peine d’intérêt…

Convention faite moyennant la somme de 660 livres monnaie courante à savoir 260 livres le 9 de ce mois et le reste quand le travail sera achevé, pardessus quoi il sera payé à la femme dudit COULON 10 livres une fois pour épingles et sera livré une demie tonne de bière et 2 tonnes de petite bière pour les ouvriers pendant le travail.

Travaux à faire au moulin de Blendecq appartenant à madelle FONDEUR.

Premièrement de mettre un, nouveau pluma?? de bois d’ypreaux d’un pied carré et de cincq pieds de longs.

Item deux pillots pour soustenir la teste du belfroy dedans de huict pouces carrés et de sept pieds de long de bois de chesne.

Item deux nouvelles broynes ? de huict pieds de longueur d’un pied de large et de trois pouces d’épaisseur de bois d’ypreaux bien secq.

Item un nouveau harna ? de cheville de pommier.

Item relever une seulle ? qui soustient le grand belfroy.

Item deux nouvelles descabottes ? pour serrer ? la moeule de dessoubs de huict pieds et demy de longueur et quinze pouces de large de bois d’ypreaux quatre pouces d’épaisseur.

Item deux sommiers de quinze pieds de long de chesne de dix et douze pouces de grosseur.

Item huict pillots d’un pied d’epaisseur par le haut, de seize pieds de long garny de chacun leur pièce de fer par la pointe.

Item  deux travers de huict pieds de long de six et huict.

Item deux pouppées de noeuf pieds de long et de dix et douze pouces d’épaisseur ^

(Dans la marge) ^ du depuis ? est dit que lesd poupées seront de huit pouces d’épaisseur jusques à la teste et que la teste longue d’un pied et demy sera de douze pouces d’épaisseur.

Item quattre pièces de dix sept pieds de long de cinq ou huict de dix sept pieds de long pour braconner ledit belfroy.

Item une planche d’ypreaux de seize pieds de long et large de deux pieds et demy s’il s’en trouve et épaisse d’un pouce et demy et plusieurs sellettes pour soustenir le fond du bassin, le vieux bois pourra servir.

Item il est necessaire de démonter la roue pour la rejoindre et y mettre les aubes necessaires pourquoy il faudra pour faire les aubes et brachelets cinqte (50?) pieds de double railles et cinqte pieds de planches d’ypreaux.

Item un montant à la porte de l’écurie donnant sur la rivière avec un litteau.

Item raccommoder et mettre le gliez ? en estat.

Item un chassy de la queue de la ventelle moresse de le mettre en estat et l’agrapper avecq les agrappes de fer aud littteau.

Item de faire reparer la maconnerie tant à l’écurie qu’à la place dud moulin comme aussy de faire les repara(ti)ions necessaires à la couverture de thuilles.

Et finallement mettre six pillots et planches pour empecher l’eau de croeuser la terre par derriere led moulin, le vieux bois pourra servir et pour remplir ce quy peut estre croeux il y sera mis deux charets de terre ou gravoys.

Vu dans un dictionnaire vieux français, en ligne:

– Pillot = pilot, pieu

– sommier : pièce de charpente.

Vu dans « Moulins, maitres des eaux , maitres des vents » de Jean BRUGGEMAN :

– beffroi : support des meules d’un moulin à eau.

– broyne ?=? braie? poutre réglable en hauteur qui soutient la meule courante par l’intermédiaire du petit fer.

– ventelle : ou vanne, d’une ecluse

– moresse : la « vanne molleresse » donne sur la roue.

Il y avait plusieurs moulins à eau à Blendecques: celui-ci est certainement celui appelé le grand moulin (à moins que ledit FONDEUR n’était propriétaire de plusieurs moulins à eaux à Blendecques…):

Bail du 31/10/1716, Adrien LEBLOND maitre meunier à Blendecques rebaille à Valentin LEBLOND son fils aussi maitre meunier à marier et Anne DEGE jeune fille à marier demt audit lieu la moitie d’un moulin à eau  à usage de moudre grains séant à Blendecques au grand chemin dit le grand moulin qu’il occupe du Sr FONDEUR de Lilles… Arrière bail accordé en considération que les seconds comparants doivent s’allier par mariage, contrat anténuptial fait ce jour.

Un autre moulin à eau à Blendecques :

Reconnaissance du Gros de Saint Omer du 15/09/1716, Jacques André COUSIN, maitre meunier à Blendecques, propriétaire d’un moulin à eau à usage de moudre blé situé et assis sur la rivière d’Aa au village de Blendecques par acquisition qu’il en a fait de damoiselle DELATTRE veuve du Sr Laurent LOISEL il y a 2 ans ou environs, ledit moulin nommé le moulin des moines… Reconnaissance d’une rente d’une razière de blé due au couvent des religieuses pénitentes dites capucines en cette ville.

Un troisième à faire huile et papier:

Convention du Gros de Saint Omer du 19/08/1720, Jacques FERNAGU maitre maçon en cette ville, entrepreneur de la construction d’un moulin situé à Blendecques appartenant a sieur André François HARRACHE d’une part et Nicolas GROS maitre charpentier de moulin demt en ladite ville d’autre part. Convention sur les travaux nécessaires pour accommoder et monter la roue et bassin nouveau de main d’ouvre au moulin dudit Sr HARRACHE, ensemble tout ce qui est pour l’usage d’un nouveau moulin à huile à deux arbres tournant, de remettre en état toutes les pièces servant à faire papiers…

Il y en avait d’autres : « les moulins du Pas de Calais » de Gérard LECLERCQ cite 15 moulins à eau, à moudre les grains, à huile ou à papier fin du XVIIIème siècle.

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