Testament de François LERICHE en 1728

Testament 781/12 du 17/04/1728 (AD Dainville, Blanquart notaire à Ardres 4E15/5)

In Nomine domini amen.

Pardevant moi Jacques BLANQUART notaire royal établi au baillage souverain d’Ardres et comté de Guînes soussigné, et du sieur Marc Antoine LIEVREBERT bailly de la terre et seigneurie d’Estiembecq demt audit Ardres et du sieur Michel DELAHOUSSAYE receveur des fermes du roi de ladite ville d’Ardres demeurant au faubourg de ladite ville, témoins pris et appelés au défaut d’un second notaire…

…Est comparu le sieur François LERICHE marchand brasseur demeurant audit faubourg étant au lit malade, et néanmoins sain d’esprit mémoire et entendement, ainsi qu’il m’est apparu et auxdits témoins, lequel considérant la certitude de la mort et incertitude de l’heure d’icelle et craignant d’en être prévenu sans avoir disposé de ses dernières volontés, a fait dicté et nommé son présent testament sans suggestion ni induction d’aucune personne suivant et ainsi qu’il suit.

Premièrement, il recommande son âme à dieu le créateur du ciel et de la terre, le suppliant en toute humilité, qu’icelle étant séparée de son corps, par le mérite et passion de notre seigneur jésus christ son fils unique et l’intercession de la glorieuse vierge Marie et de tous les saints et saintes du paradis, la vouloir mettre au nombre des élus et bienheureux…

… Souhaite le testateur d’être enterré en l’église de cette paroisse d’Ardres, et que les cérémonies de son enterrement soient faites suivant son état, qu’il soit célébré trois services solennels et ensuite dit vingt messes basses pour le repos de son âme.

Donne et lègue aux pauvres de ladite paroisse quatre septiers de bon blé, et toutes ses chemises pour être distribués audits pauvres.

Donne et lègue à Pierre LERICHE son fils mineur la somme de trois cent livres une fois payé qui se prendra sur les plus clairs deniers et effets mobiliaires qu’il délaissera à sa mort, et e par avantage qu’il lui fait de plus qu’à ses frère et sœurs et autres ses cohéritiers.

De plus il lui donne et lègue la jouissance pendant trois années de la moitié de la maison et brasserie où est demeurant ledit testateur , des bâtiments dépendant de ladite maison et des outils dépendant d’icelle brasserie, pour que, conformément au legs que lui a fait défunte Jeanne CAUDRON sa mère femme dudit testateur par son testament et ordonnance de dernières volontés, il puisse jouir de la totalité desdits maison et bâtiments et brasserie pendant trois années ou du loyer d’icelle, lesquelles trois années commenceront le lendemain de son décès et finiront à pareil jour à la fin desdites trois années, en entretenant aux frais dudit mineur son fils lesdits maison bâtiments et brasserie des réparations locatives et ordinaires seulement, et de payer les rentes dont les dits immeubles sont chargés, le présent legs aussi fait audit mineur par avantage, voulant ledit testateur qu’au pardessus, il partage avec ses dits cohéritiers et par portion égale ave eux les autres biens meubles et immeubles qu’il délaissera.

Déclare ledit testateur qu’il a parfaite connaissance que le sieur Marc Antoine LIEVREBERT un des témoins ci dessus dénommés a prêté au Sr Antoine DIEU huissier à Boulogne son beau frère et à Louise QUEVAL sa femme une somme de trois cent livres, et que leur faisant ci après par des considérations fraternelles, pour les engager davantage à rendre ladite somme, il leur a fait croire que ladite somme de trois cent livres provenait des deniers des mineurs d’icelui testateur et de ladite défunte Jeanne CAUDRON sa femme, et l’a fait coucher de même dans l’obligation qu’ils ont fait pardevant notaire à Boulogne le dix huit juin mille sept cent vingt sept, que la vérité est que ladite somme de trois cent livres ne provient ni de ses deniers ni de ceux de ses dits mineurs, mais bien dudit Sr LIEVREBERT, ce qu’il déclare et fait coucher au présent testament pour la (quiétude de ?) sa conscience, l’ayant déclaré de même ce jour d’hui matin verbalement en la présence de Jean et Marie Jeanne LERICHE ses enfants.

Lequel présent testament a été lu et relu intelligiblement mot après autre audit testateur, par moi dit notaire en la présence desdits témoins, lequel a déclaré l’avoir bien entendu, être icelui ses dernières volontés, qu’il veut et entend être suivi et exécuté en tout son contenu, aux fins de quoi il révoque tous autres testaments codicilles qu’il pouvait avoir fait.

Fait et passé en la maison dudit testateur en la chambre où il est détenu au lit, faisant face au flégard le dix septième jour d’avril mille sept cent vingt huit, et a ledit Sr LERICHE testateur fait sa marque ordinaire déclarant ne savoir écrire ni signer de ce enquis sommé et interpelé suivant l’ordonnance, et lesdits témoins signé avec moi dit notaire.

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Une réponse à “Testament de François LERICHE en 1728

  1. Aimé Smeyers

    Petit « harnat »,
    Y. COUTANT, Dictionnaire historique et technique du moulin dans le nord de la France: de Lille à Cambrai du 13e au 18e siècle, Turnhout, Brepols, 2009, p. 532-534, donne les nombreuses applications du mot harnas dans la meunerie.
    Comme en l’occurrence il s’agit d’un tordoir, il est vraisemblable que le terme désigne l’ensemble des accessoires spécifiques au mécanisme du tordoir. W. VON WARTBURG, Französisches etymologisches Wörterbuch: eine Darstellung des galloromanischen Sprachschatzes, Tübingen Mohr Siebeck, 1950-1957 (abréviation: FEW), XVI, p. 204a (sous l’étymon ancien nord. *hernest « provisions de voyage ») signale: Flandr. « pièce du mécanisme d’un moulin à huile ».

    Les aubes et « braselets » de la roue
    Il s’agit du diminutif de bras, qui désigne en général chacune des pièces reliant une roue à son arbre, voir: Y. COUTANT, Dictionnaire…, p. 200-203 « brach »: le sens de « rayon de la roue du moulin », est signalé en liégeois, en namurois et au Brabant wallon. Ce sens est également connu du FEW, I, p. 485b (lat. brachium  » bras »), mais pas pour le picard ni pour le wallon.

    Raye, synonyme de rayere, raire, rayer… : « coursier, cours d’eau dont les rives et le fond sont planchéiés ou maçonnés et qui sert essentiellement au moulin » (Dictionnaire du Moyen Français, http://www.atilf.fr/dmf). Avec renvoi vers :
    1. GODEFROY, Dictionnaire de l’ancien français, Complément, t. 10, p. 491a (exemples de 1272 et 1430).
    2. Y. COUTANT, Dictionnaire…, p. 844-845, raye, rayere, raire et rayer: « cours d’eau dont le fond et les rives sont aménagées pour prévenir les affouillements, e.a. le coursier du moulin et même, plus particulièrement, le bassin dans lequel tourne la roue »: exemples de 1296, 1377, 1393, 1418, 1459, 1473, 1472, 1624, 1649, 1731.
    Le FEW, X, 23a, donne les dérivés suivants de l’étymon latin radius : Aflandr. rahiere f. « conduit qui amène l’eau sur la roue d’un moulin » (1272) [En note, le FEW relie cette forme à raeria, raheria trouvées en Picardie (12 s.), ce qui lui fait rejeter l’hypothèse d’une dérivation à partir du verbe raier (FEW, X, 25b-26a)], ancien picard: rayer (Béthune 1430), moyen français: rayère (16e s.), français moderne: idem (première apparition dans le Dictionnaire de l’Académie Française, Complement au [6. éd.], publié sous la direction d’un membre de l’Académie … avec une préface par L. Barré, 1847, p. 1024a: rayère s.f. (constr.): « Ouverture verticale, longue et très-étroite, dans le mur d’une tour, pour éclairer l’intérieur ǁ Écluse).