Une machine incendiaire à Louches en 1715!

Procès verbal f 139 du 21/10/1715 (AD Dainville, AUBERT notaire à Ardres, 4E16/46)

Le 21/10/1715, sont comparus Jacques DECLEMY fermier et occupeur de la ferme de St Martin en Louches y demt et Marguerite WUILQUIN sa femme, déclarent que ce jour sur les onze heures du matin, il a été trouvé attaché sous la chevronnerie de la grande grange dudit St Martin un baril moitié rempli de poudre bouché avec des étoupes et une mèche préparée, pour y mettre apparemment le feu et les incendier.

Et à l’instant est aussi comparu Louis MERLIN jeune homme âgé de 14 ans fils de Sébastien MERLIN voiturier demt audit Louches, lequel a déclaré qu’une de leurs vaches étant échappée et étant entrée dans la bassecour dudit St Martin, il a couru après pour la reprendre, craignant qu’elle ne fut arrêtée par les gardes et domestiques de monsieur de SPINEFORT , et qu’en côtoyant la grande grange dudit St Martin du coté de la pâture, il a aperçu un baril attaché sous la chevronde de la couverture de ladite grange avec un paquet d’étoupe qui était fourré dans la paille de ladite couverture environ quatre doigts au dessus dudit baril, et qu’avec le manche d’un foit ( ? fouet ?) qu’il avait à la main il a décroché et fait tomber ledit baril et lesdites étoupes, et qu’il a l’instant été le dire à Marie COCQUET sa belle mère et lui faire voir ledit baril.

Laquelle COCQUET aussi présentement comparante a dit et déclaré qu’étant toute alarmée de voir cette machine incendiaire, elle a été dans le moment en donner avis aux sieurs curé et vicaire de Louches et leur faire voir ledit baril, la poudre qui est dedans, la mèche et les étoupes, et qu’ensuite elle a été chez ledit DECLEMY et sa femme leur dire et leur faire voir la même chose.

Lequel baril qui nous a été présentement représenté est un baril de bois de grosseur ou circonférence d’environ six pouces et de hauteur d’environ six à sept pouces à moitié plein de poudre bouché avec des étoupes au milieu desquelles étoupes est une mèche dont un bout pénètre jusqu’à la poudre et l’autre bout sort des étoupes d’environ deux doigts de long, lequel bout parait avoir été pris de feu, a été de plus représenté un paquet ou chiffon d’étoupe.

Lequel baril ledit Louis MERLIN a déclaré être le même qu’il a trouvé attaché sous la couverture de ladite grange et que le paquet d’étoupe est aussi le même qu’il a trouvé fourré dans ladite couverture a dessus dudit baril.

Et comme lesdits DECLEMY et sa femme nous ont dit que certaines personnes mal intentionnées les auraient menacé plusieurs fois directement et indirectement de les tuer et faire tuer ou tout au moins de les ruiner de manière qu’ils sortiraient de la ferme de St Martin la chemise volante, nous ont requis vouloir dresser le présent procès verbal pour leur servir et valoir et à tous autres en temps et lieu ce qu’il appartiendra.

Ledit baril poudre mèche et étoupes ci-dessus mentionnées sont restées en mains d’AUBERT et des notaires soussignés, à la réquisition desdits DECLEMY et sa femme, pour en faire la représentation quand besoin sera.

2 Commentaires

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2 réponses à “Une machine incendiaire à Louches en 1715!

  1. jmg013

    Quelle incroyable histoire ! On croirait à la maffia.

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